The ICMA Information Package on Medical Abortion
Informations pour les femmes
| 1. Introduction | |||||||||||
Pendant des siècles, des femmes partout dans le monde ont estimé qu’elles avaient le droit d’interrompre une grossesse non désirée ou qui survenait à un mauvais moment, et elles ont eu recours à tous les moyens dont elles disposaient pour y parvenir. Le développement de la technologie médicale moderne permet maintenant aux femmes d’interrompre une grossesse chirurgicalement, sans mettre en danger leur vie et leur santé
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| 2. Qu’est-ce qu’un avortement médicamenteux ? | |||||||||||
Un avortement médicamenteux est une interruption de grossesse induite par l’utilisation d’un médicament ou d’une association de médicaments.
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| BOX 1: La contreception d’urgence n’est pas la meme chose que l’avortement medicamenteux | |||||||||||
Les pilules utilisées pour la contraception d’urgence, connues également sous le nom de «pilules du lendemain», permettent d’éviter une grossesse en agissant sur l’ovulation, mais elles n’interrompent pas la grossesse. L’avortement médicamenteux, quant à lui, interrompt la grossesse chez des femmes qui sont déjà enceintes.
Il est souhaitable de prendre des pilules de contraception d’urgence dès que possible après un rapport sexuel non protégé. Plus vite elles sont prises et plus elles seront efficaces. Si elle n’est pas prise dans les 120 heures suivant le rapport, la contraception d’urgence ne pourra probablement pas éviter une grossesse. Les pilules de contraception d’urgence sont moins efficaces pour prévenir les grossesses et ont davantage d’effets secondaires que la plupart des formes de contraception régulière. Après utilisation, les pilules de contraception d’urgence ne protègent plus contre une grossesse en cas de nouveau rapport sexuel non protégé. Elles ne sont donc pas adaptées à un usage habituel.
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| 3. Quels médicaments emploie-t-on pour l’avortement médicamenteux? | |||||||||||
Mifépristone et misoprostol L’association la plus fréquemment employée pour l’avortement médicamenteux est
La mifépristone provoque un amincissement de la muqueuse utérine et un amollissement du col de l’utérus, et associée au misoprostol, elle déclenche de fortes contractions dans l’utérus. Ensemble, ces médicaments entraînent l’élimination des produits de la conception. Le résultat ressemble beaucoup à un avortement spontané ou fausse couche [3]. On peut se procurer facilement la mifépristone sous les marques « Mifiprex », « Mifegyne » or « Mifegest ». Elle est vendue sous plusieurs autres noms en Inde et en Chine. Le misoprostol est habituellement commercialisé sous les noms Cytotec, Oxaprost ou Cytoprost. Le misoprostol seul
Dans certains environnements, le misoprostol est utilisé seul pour l’avortement médicamenteux. C’est souvent parce que la mifépristone n’est pas disponible ou que son prix est trop élevé. Quand le misoprostol est utilisé seul, il provoque des contractions utérines, un amollissement du col de l’utérus et les produits de la conception sont évacués. Mais sans prétraitement avec la mifépristone, une dose plus élevée de misoprostol est nécessaire. Le processus d’avortement peut être plus long et plus douloureux, avec davantage d’effets secondaires [3]. La probabilité d’un avortement complet est également plus faible qu’en association avec la mifépristone. Toutefois, le misoprostol demeure une option plus sûre que d’autres méthodes dangereuses et invasives d’avortement auxquelles les femmes ont recours quand elles n’ont pas accès à des services d’avortement médicalisés. Méthotrexate et misoprostol
Dans certains pays où la mifépristone n’est pas disponible, le méthotrexate a été utilisé en association avec le misoprostol. Néanmoins, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) déconseille l’utilisation du méthotrexate pour provoquer l’avortement, car on le soupçonne d’accroître le risque de malformation fœtale si la grossesse se poursuit [4]. Il allonge également le processus d’avortement.
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| 4. À quel moment de sa grossesse une femme peut-elle se soumettre à un avortement médicamenteux? | |||||||||||
L’avortement médicamenteux peut être utilisé très tôt dans la grossesse et jusqu’à 24 semaines à partir du premier jour des dernières règles
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| 5. L’avortement médicamenteux est-il contre-indiqué pour certaines femmes? | |||||||||||
Il est préférable de ne pas utiliser l’association mifépristone/misoprostol pour l’avortement médicamenteux si la femme présente l’une des conditions suivantes [6]:
Aucune des conditions ci-dessus, sauf l’allergie au misoprostol, ne s’applique à l’utilisation du misoprostol seul. Les femmes portant un stérilet doivent le faire retirer avant d’avoir recours à un avortement médicamenteux associant mifépristone/misoprostol ou seulement avec le misoprostol. Les femmes présentant une anémie légère à modérée (hémoglobine entre 9 et 12 gm/dl) peuvent avoir recours à l’avortement médicamenteux. Néanmoins, il est souhaitable qu’elles prennent des comprimés de fer lorsqu’elles ont recours à l’avortement médicamenteux ou chirurgical.
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| BOX 2: La grossesse extra-uterine | |||||||||||
Une grossesse extra-utérine (aussi appelée grossesse ectopique) est un état où l’ovule fécondé se développe hors de la cavité utérine. La grande majorité des grossesses ectopiques se produisent dans les trompes utérines ou de Fallope (95%); néanmoins, elles peuvent aussi se produire sur les ovaires, le col de l’utérus ou dans la cavité abdominale [7]. Dans les premiers stades, la grossesse ectopique peut être asymptomatique. Les symptômes d’une grossesse extra-utérine sont souvent vagues et comprennent des saignements vaginaux, des douleurs abdominales ou utérines (habituellement plus fortes d’un côté), des douleurs aux épaules, un malaise ou des vertiges. Ces symptômes peuvent aussi se produire dans d’autres affections comme des kystes ovariens, une fausse couche ou même dans une grossesse normale. Parfois, le médecin peut déceler une masse douloureuse pendant l’examen gynécologique . Si l’on suspecte une grossesse extra-utérine, des analyses de sang pour doser l’hormone beta hCG et une échographie peuvent être utilisés pour aider à confirmer le diagnostic [7].
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| 6. Une femme peut-elle avoir recours à l’avortement médicamenteux si elle allaite? | |||||||||||
Il semble que la mifépristone passe dans le lait maternel, mais on sait peu de choses sur d’éventuels effets sur la fonction surrénale du nourrisson. Les données disponibles indiquent qu’il est peu probable que les quantités de mifépristone ingérées par le nourrisson puissent être nocives [8]. De faibles quantités de misoprostol passent dans le lait maternel peu de temps après son administration, mais on ignore si elles peuvent avoir des conséquences sur le nourrisson. Puisque les niveaux de misoprostol diminuent rapidement, il a été recommandé de prendre le misoprostol immédiatement après une tétée et de donner le sein quatre heures après en cas d’administration orale du misoprostol et un peu plus tard après l’administration vaginale [9]. Néanmoins, si une femme craint que les médicaments passent dans le lait maternel, elle peut tirer son lait et le jeter pendant 24 heures après l’utilisation de la mifépristone et du misoprostol ou du misoprostol seul.
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| 7. L’avortement médicamenteux est-il sûr pour les femmes séropositives ? | |||||||||||
Aucune raison n’empêche les femmes séropositives au VIH d’avoir recours à l’avortement médicamenteux. Les femmes séropositives peuvent courir davantage de risques de contracter des infections génitales causées par la rétention des produits de la conception, mais cela peut se produire autant avec l’avortement médicamenteux que l’avortement chirurgical. Elles peuvent également courir le risque de souffrir d’anémie, particulièrement si elles ont le paludisme ou prennent certains médicaments antirétroviraux (ARV). Des comprimés de fer peuvent alors leur être prescrits. La petite proportion de femmes qui présentent des saignements abondants doivent être traitées rapidement afin d’éviter des conséquences graves [10].
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| 8. Les adolescentes peuvent-elles utiliser l’avortement médicamenteux ? | |||||||||||
Aucune raison médicale n’empêche les adolescentes d’avoir recours à l’avortement médicamenteux. L’avortement médicamenteux est plus douloureux pour toute femme qui n’a jamais été enceinte ; il est donc probable que les jeunes femmes nullipares auront besoin de davantage de médicaments analgésiques que les femmes ayant déjà accouché. La disponibilité de l’avortement médicamenteux peut être tout spécialement utile pour les adolescentes célibataires et d’autres jeunes femmes qui n’ont pas accès à l’avortement chirurgical médicalisé dans de nombreux pays.
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| 9. Une femme peut-elle avoir recours à un avortement médicamenteux si elle présente une infection génitale ? | |||||||||||
Une femme peut savoir qu’elle a une infection génitale parce qu’elle suit un traitement pour la combattre, ou elle peut le suspecter en raison des symptômes qu’elle présente, par exemple des pertes blanches ou jaunes/vertes nauséabondes, des démangeaisons ou des irritations dans la région génitale, ou encore des envies fréquentes d’uriner avec sensation de picotements. Le traitement ne doit pas être retardé car une infection négligée peut avoir de graves conséquences, notamment la stérilité. Pendant la première visite d’une femme dans un centre pour un avortement médicamenteux, le prestataire de soins doit établir un dossier médical détaillé et procéder à un examen physique approfondi, notamment gynécologique. Si une infection génitale est suspectée, un test de laboratoire pourra être prescrit pour confirmer le diagnostic. Une femme présentant une infection génitale sera traitée pour l’infection en même temps que l’avortement médicamenteux sera réalisé. Il en va de même lorsq’un un avortement chirurgical est pratiqué. Rien n’oblige à attendre que le traitement de l’infection génitale soit achevé pour procéder à l’avortement médicamenteux ou chirurgical.
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| 10. Pourquoi les femmes choisissent-elles l’avortement médicamenteux ? | |||||||||||
Les femmes choisissent l’avortement médicamenteux en raison de ses caractéristiques suivantes [11], [12] :
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| 11. Comment une femme confirme-t-elle qu’elle est enceinte ? | |||||||||||
La grossesse peut être confirmée par un test de grossesse. Il y a deux types de tests de grossesse, des analyses du sang et des urines. Les deux tests recherchent une hormone particulière, la gonadotrophine chorionique humaine (hCG) qui n’est présente dans le sang et les urines que quand une femme est enceinte. L’analyse d’urine peut être réalisée à domicile en utilisant un test de grossesse, acheté en pharmacie, alors que les analyses de sang ne peuvent être effectuées que par un laboratoire (voir ENCADRÉ 3).
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| BOX 3: Les tests de grossesse | |||||||||||
Dans la plupart des pays, il est possible de se procurer un test de grossesse à faire à domicile. Il s’agit d’une analyse d’urine. Si la femme obtient un résultat positif dans un test de grossesse, il y a de fortes chances pour qu’elle soit enceinte. Si le résultat est négatif, il peut être trop tôt pour déceler la grossesse car la quantité d’hCG dans les urines est encore trop faible. Le test peut déceler une grossesse après sept à dix jours de retard des règles [15]. Le test sanguin de grossesse est connu sous le nom de dosage de la beta hCG. Il mesure la quantité exacte d’hCG dans le sang. Cette analyse est effectuée dans un laboratoire clinique, sur prescription d’un prestataire de santé. L’analyse sanguine peut dire si une femme est enceinte après un ou deux jours de retard des règles [15]. Un examen utérin réalisé par une sage-femme ou un médecin ne peut confirmer la grossesse qu’après six semaines environ de retard des règles. La femme ne doit pas attendre jusque là pour confirmer la grossesse. Si elle ne souhaite pas être enceinte, elle peut préférer se soumettre à un test de grossesse dès qu’elle a un retard des règles et prendre ses dispositions pour avorter.
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| 12. Comment connaître l’âge de la grossesse en vue de demander un avortement médicamenteux ? | |||||||||||
Les femmes optant pour un avortement médicamenteux doivent savoir de combien de semaines elles sont enceintes. En effet, si le dosage de la mifépristone demeure le même, le dosage et le nombre de comprimés de misoprostol changent à différents stades de la grossesse. Les méthodes suivantes sont habituellement utilisées pour déterminer l’âge de la grossesse :
Une échographie peut être utilisée si :
Une échographie peut mesurer la taille du sac gestationnel et, plus tard dans la grossesse, la taille du fœtus.
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| 13. Quelles sont les différences entre l’avortement médicamenteux et l’avortement chirurgical dans une grossesse jusqu’à 9 semaines ? | |||||||||||
[16]
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| 14. Quels sont les différents schémas posologiques utilisés pour l’avortement médicamenteux jusqu’à 9 semaines de grossesse ? | |||||||||||
Les schémas suivants sont recommandés pour l’avortement médicamenteux à 4–9 semaines de grossesse:
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| 15. Quels sont les différents schémas utilisés pour l’avortement médicamenteux après 9 semaines de grossesse ? | |||||||||||
Le dosage de mifépristone/misoprostol varie pour les grossesses de 9-13 semaines et 13-24 semaines. L’avortement médicamenteux après 9 semaines de grossesse doit être réalisé sous contrôle médical dans un hôpital ou un centre médical en raison du risque accru de complications. Les schémas suivants ont été recommandés pour l’avortement médicamenteux pour les grossesses de 9–13 semaines et 13–24 semaines [5]:
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| 16. Le misoprostol seul peut-il être utilisé pour un avortement après 9 semaines de grossesse ? | |||||||||||
Le misoprostol est parfois utilisé seul pour l’avortement médicamenteux dans des grossesses de plus de 9 semaines lorsque la mifépristone n’est pas disponible, mais on ne dispose pas encore de suffisamment d’informations sur le schéma posologique le plus sûr et le plus efficace. Il convient d’être prudent si l’on utilise du misoprostol seul pour les grossesses de plus de 9 semaines. Les dosages de misoprostol doivent être réduits à mesure que la durée de la grossesse s’accroît car l’utérus devient très sensible à la prostaglandine. Il existe un risque de rupture de l’utérus, en particulier après 16 semaines de grossesse et chez les femmes ayant une cicatrice due à une césarienne précédente [2].
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| 17. Quelle est l’efficacité de l’avortement médicamenteux ? | |||||||||||
L’efficacité de l’avortement médicamenteux peut être mesurée par les taux de grossesses se poursuivant et le taux d’avortement incomplet nécéssitant ne aspiration chirurgicale. Dans les grossesses jusqu’à 9 semaines, 1% seulement des femmes qui utilisent le schéma mifépristone/misoprostol par voie vaginale pour l’avortement médicamenteux poursuivent leur grossesse, et dans environ 3-5% des cas, l’avortement est incomplet [18]. Les taux d’avortement complet sont plus faibles quand le schéma mifépristone/misoprostol par voie orale (400 microgrammes) est utilisé dans des grossesses jusqu’à 7 semaines. Dans une étude, le taux d’avortement complet était de 84% quand la mifépristone était suivie de 400 microgrammes de misoprostol par voie buccale, contre 96% avec la mifépristone et 800 microgrammes de misoprostol par voie vaginale [19]. L’efficacité dépend de la durée de la grossesse : plus la grossesse est avancée, moins le taux d’avortement complet est élevé et plus le taux de poursuite de la grossesse est important. Par exemple, dans une vaste étude sur l’utilisation de l’avortement médicamenteux pendant les grossesses de 9-13 semaines (avec les dosages mentionnés à la question 13), 96% des femmes ont obtenu un avortement complet [20]. Près de 5% des femmes risquent de poursuivre leur grossesse après un avortement médicamenteux pratiqué sur une grossesse de 13-20 semaines [18]. Le taux de réussite avec le misoprostol utilisé seul est plus faible et plus variable. Les taux d’efficacité vont de 10–15% de poursuite des grossesses pour les grossesses jusqu’à 9 semaines [21]. On ne dispose pas encore de données sur les taux d’efficacité pour les grossesses de plus de 9 semaines.
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| 18. Combien de temps faut-il pour interrompre une grossesse avec l’avortement médicamenteux ? | |||||||||||
Quand un schéma mifépristone/misoprostol est utilisé pour un avortement médicamenteux jusqu’à 9 semaines, dans de rares cas (2 à 3%), il arrive que la femme avorte après avoir pris la mifépristone et avant d’utiliser le misoprostol. Parmi le pourcentage restant, environ 90% obtiennent un avortement complet dans les 4-6 heures après avoir pris le misoprostol [5]. Après neuf semaines de grossesse, plus la grossesse est avancée, plus un avortement complet est long [18], [20]. Dans une étude, il fallait environ six heures pour un avortement complet pour les femmes ayant déjà accouché et environ 8 heures pour les femmes nullipares. Plus de 70% des femmes sont rentrées chez elles le même jour [22]. Le temps indiqué pour obtenir un avortement avec le seul misoprostol dans des grossesses jusqu’à 9 semaines est très variable, selon la durée de la grossesse, le dosage et le mode d’administration. Une étude a rapporté que 72% et 86% des femmes avortaient dans les 24 heures suivant une et deux doses respectivement de 800 microgrammes de misoprostol par voie vaginale [23].
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| 19. Combien de visites sont nécessaires pour un avortement médicamenteux ? Que se passe-t-il pendant chaque visite ? | |||||||||||
Les études montrent que deux visites sont suffisantes pour garantir une utilisation sûre de l’association mifépristone/misoprostol pour des grossesses jusqu’à 9 semaines, et trois visites sont nécessaires pour des grossesses de plus de 9 semaines. Quand on utilise l’association mifépristone/misoprostol Jusqu’à 9 semaines de grossesse Première visite Le prestataire de soins de santé :
Si la femme préfère prendre le misoprostol chez elle, le prestataire
Deuxième visite (si la femme préfère prendre le misoprostol au centre) Cette visite devrait se produire entre 24 et 48 heures après la première visite [4]. Pendant cette visite, le misoprostol est introduit dans le vagin (dans les grossesses jusqu’à neuf semaines) ou pris par voie orale (dans les grossesses jusqu’à sept semaines). Dans de nombreux cas, la femme est gardée en observation au centre pendant 4-6 heures. Pendant ce temps, plus de 90% des femmes auront expulsé les produits de la conception [5]. Si l’avortement ne se produit pas pendant la période d’observation, la femme peut rentrer chez elle pour y avorter. Dans quelques cas, le misoprostol est administré par un prestataire de soins de santé et la femme peut partir immédiatement. Dans ce cas, la femme doit savoir que l’avortement peut se produire avant son retour à la maison. Visite de contrôle Toutes les femmes sont invitées à revenir 14 jours après avoir pris la mifépristone. Il s’agit de vérifier que l’avortement est complet et que tous les produits de la conception ont été évacués. Pendant la visite, le prestataire de soins de santé :
Grossesses de plus de 9 semaines Dans ce cas, la seule différence est qu’il y a au moins trois visites au centre. La femme revient au centre24-48 heures après sa première visite, quand elle a pris la mifépristone. Le misoprostol est administré par un agent de santé dans le centre. Pendant cette visite, le misoprostol est introduit par voie vaginale, suivi de plusieurs doses du médicament par voie vaginale et/ou orale jusqu’à ce que l’avortement ait lieu. La femme est maintenue sous observation pendant plusieurs heures après l’expulsion des produits de la conception. Cette visite est suivie d’une visite de contrôle, comme décrit ci-dessus. Quand le misoprostol est utilisé seul Dans les grossesses de moins de 9 semaines, le dosage consiste en doses répétées de misoprostol administrées par voie vaginale ou sublinguale jusqu’à ce que l’avortement se produise. Cela peut obliger la femme à rester dans le centre de santé pendant au moins une journée, ou administrer des doses à répétition de misoprostol à la maison, selon les cas.
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| 20. La mifépristone et le misoprostol peuvent-ils être pris à la maison dans le cas d’un schéma mifépristone/misoprostol ? | |||||||||||
Dans les grossesses jusqu’à 9 semaines, il n’y a pas de raison interdisant l’emploi à domicile de la mifépristone et du misoprostol, pour autant que la femme dispose d’informations exactes sur les contre-indications du médicament, le dosage pour les différents schémas, les effets secondaires et les complications, et qu’elle ait accès à des soins médicaux si nécessaire. L’emploi à domicile de l’association mifépristone/misoprostol n’est pas recommandé après 9 semaines de grossesse. Dans ce cas, il convient de pratiquer l’avortement médicamenteux sous la surveillance d’un professionnel médical compétent.
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| 21. À quoi ressemble l’expérience d’un avortement médicamenteux ? | |||||||||||
Les femmes qui ont recours à l’avortement médicamenteux ressentent des crampes semblables à celles des règles, des douleurs abdominales et elles ont des saignements. Pour la plupart des femmes, les douleurs utérines et les saignements vaginaux commencent entre 1 à 7 heures après l’absorption du misoprostol. Mais environ 5% des femmes commencent à avoir des douleurs dès qu’elles prennent la mifépristone. Les saignements vaginaux sont plus abondants que les règles pendant que l’avortement se produit et que les produits de la conception sont expulsés. Ces saignements abondants ne durent que peu de temps, entre 1 à 4 heures. Des saignements plus faibles et des pertes se poursuivent pendant 9-13 jours. Dans de rares cas, les femmes peuvent présenter des saignements légers jusqu’à 45 jours après l’avortement [4]. L’importance des saignements dépend de la durée de la grossesse et du médicament utilisé. De nombreuses femmes comparent le processus à une fausse couche spontanée. Les femmes peuvent aussi remarquer des caillots de sang, des tissus ou les produits de la conception [24]. Les femmes peuvent ressentir d’autres effets secondaires, tels que diarrhées, nausées, vomissements, maux de tête, vertiges, douleurs dorsales et fatigue. Ces effets secondaires se produisent après l’administration du misoprostol mais ne durent que 2-4 heures. Plusieurs études montrent que les nausées, les vomissements et la diarrhée sont moins forts lorsque le misoprostol est administré par voie vaginale plutôt que par voie buccale [24].
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| 22. Quels sont les effets secondaires fréquents de l’avortement médicamenteux et que peut faire une femme pour les soulager ? | |||||||||||
Saignements
Douleurs
Nausées, vomissements et diarrhée
Consommation d’alcool et de drogue
Quand une femme souhaite un avortement médicamenteux, il est important qu’elle prévienne le prestataire de soins si elle prend des médicaments, sous ordonnance ou non, ou des remèdes ou préparations à base d’herbes. Ces médicaments ou préparations peuvent contrarier l’action de la mifépristone [25].
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| 23. Quelles sont les complications de l’avortement médicamenteux, et que peut-on faire pour les traiter ? | |||||||||||
Saignements abondants ou excessifs Si l’avortement est incomplet, il existe un risque de saignements abondants. Certains prestataires traitent les saignements abondants avec un médicament appelé Méthergin avant de pratiquer un avortement chirurgical. Environ 1% des femmes ayant recours à l’avortement médicamenteux pour une grossesse de moins de 9 semaines ont besoin de cette intervention [11]. Dans de rares cas, la femme peut présenter des saignements utérins excessifs. Ces saignements abondants se produisent habituellement 1-3 semaines après avoir pris les médicaments (mis à part les saignements après la prise du misoprostol). Une femme sait que les saignements sont trop abondants si
Environ une femme sur 1000 présente des saignements si abondants qu’elle doit recevoir une transfusion sanguine [16]. Une femme doit prendre contact sans délai avec son prestataire de soins si elle présente de tels saignements abondants. Entre-temps, elle doit boire beaucoup afin de ne pas perdre de minéraux essentiels. Infection Des frissons et une hausse modérée de température se produisent habituellement immédiatement après la prise de misoprostol. Ce sont les effets secondaires du médicament, et non des signes d’infection. Ces symptômes ne durent habituellement qu’environ deux heures [11]. Une infection peut être suspectée si
La femme doit demander l’aide d’un médecin si elle présente ces symptômes [11]. Elle pourra être traitée en ambulatoire et renvoyée à la maison, ou sera hospitalisée pour son traitement, selon la gravité de l’infection et la nécessité de la maintenir sous observation et de procéder à d’autres examens.
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| 24. L’avortement médicamenteux est-il sûr ? | |||||||||||
Quatre décès par suite d’un avortement médicamenteux aux États-Unis d’Amérique et un au Canada, qui se sont produits entre 2001 et 2005, ont récemment fait l’objet d’articles et de lettres dans les revues médicales et les médias destinés au grand public. Ces décès étaient associés à une infection produite par une bactérie anaérobie appelée clostridium sordellii et ils n’ont pas été attribués aux médicaments de l’avortement médicamenteux. En mars 2006, deux nouveaux décès ont été notifiés aux États-Unis après un avortement médicamenteux. L’un de ces décès présentait des caractéristiques propres à clostridium sordellii; l’autre semble n’avoir été aucunement lié avec l’avortement médicamenteux. Clostridium sordellii est présente dans la terre. On ne comprend pas encore comment et pourquoi elle a été associée à ces décès. La recherche sur les causes de ces décès et sur les mesures à prendre pour les éviter ont commencé. Une réunion d’experts se tiendra aux États-Unis en mai 2006 pour examiner les données disponibles. Néanmoins, dans aucun de ces décès, on ne dispose de preuves indiquant que l’utilisation de la mifépristone ou du misoprostol était impliquée comme cause de l’infection. Des infections mortelles avec clostridium sordellii ont été rapportées chez des femmes après un accouchement ou une fausse couche. Ces infections, comme celles qui se produisent après un avortement médicamenteux, sont extrêmement rares. La pratique normale aux États-Unis, en Suède, au Royaume-Uni et dans de nombreux autres pays est d’administrer le misoprostol par voie vaginale. Dans d’autres pays, le misoprostol est normalement administré par voie orale. À nouveau, rien ne permet d’indiquer que le mode d’administration du misoprostol soit lié à l’apparition d’une infection à clostridium sordellii. De plus, aucun décès par infection à clostridium sordellii n’a été notifié parmi les plus de trois millions de femmes hors des États-Unis qui ont jusqu’à présent eu recours à l’avortement médicamenteux. En Chine, où plus de 22 millions de femmes ont utilisé l’avortement médicamenteux, aucune notification de cette infection n’a été reçue, même si les données sont limitées. L’avortement est l’une des interventions médicales les plus sûres. Il est important de rappeler que le risque de complications est extrêmement faible quand l’avortement est réalisé par un praticien qualifié. Ces décès inquiètent le Comité directeur de l’ICMA, comme tous ceux qui travaillent dans le secteur. Toutefois, nous continuerons de soutenir le recours à l’avortement médicamenteux, en raison de son excellent bilan de sécurité. Nous surveillons de près la situation et continuerons de mettre à disposition du public toute information nouvelle sur le site Internet de l’ICMA [33], [34], [35], [36].
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| 25. Comment une femme sait-elle si sa grossesse n’a pas été interrompue ? | |||||||||||
Une femme peut suspecter que la grossesse se poursuit si
Quand l’avortement médicamenteux s’effectue sous contrôle médical, la femme doit toujours revenir pour une visite de contrôle 14 jours après le jour où elle a pris la mifépristone. Le prestataire de soins confirmera si l’avortement s’est produit et si un traitement ultérieur est nécessaire. S’il y a des raisons de suspecter que la grossesse se poursuit, ou que l’avortement est incomplet, il peut demander un dosage sanguin de l’hormone beta hCG et/ou une échographie. Il est important que la femme consulte un prestataire de soins. Si la grossesse se poursuit, celui-ci peut donner une nouvelle dose de misoprostol. Si la femme souhaite interrompre tout de suite la grossesse, il peut organiser un avortement chirurgical dès que possible.
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| 26. Existe-t-il des risques de malformations fœtales si la grossesse n’est pas interrompue ? | |||||||||||
Dans la vaste majorité des grossesses menées à terme après l’utilisation de l’association mifépristone/misoprostol ou de misoprostol seul, le nourrisson sera normal. Néanmoins, un petit nombre d’études ayant examiné le risque de malformations congénitales ont conclu qu’il peut y avoir un risque légèrement plus élevé de malformation chez les nourrissons nés après l’utilisation de misoprostol. La majorité de ces malformations concernent le système nerveux central et les membres inférieurs et supérieurs [21]. La mifépristone ne provoque pas de malformations chez le fœtus [4].
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| 27. Après un avortement médicamenteux, combien de temps la femme doit-elle attendre avant de pouvoir reprendre des relations sexuelles ? | |||||||||||
Après avoir subi un avortement médicamenteux, une femme ne devrait pas avoir de relations sexuelles vaginales ou ne devrait pas insérer d’objet dans son vagin pendant environ une semaine après la prise de médicaments [3], ou jusqu’à ce qu’elle se sente prête.
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| 28. Combien de temps après un avortement médicamenteux une femme peut-elle tomber de nouveau enceinte ? | |||||||||||
Si elle n’utilise pas de méthode efficace de contraception, une femme peut tomber enceinte avant ses premières règles. La conception peut se produire dans les 10 jours ou deux semaines après avoir subi un avortement médicamenteux, en fonction de la durée de son cycle menstruel [3].
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| 29. Combien de temps après un avortement médicamenteux une femme retrouvera-t-elle un cycle menstruel normal ? | |||||||||||
Une femme peut s’attendre à avoir des règles normales dans les quatre à six semaines après l’avortement médicamenteux, pour autant qu’elle ne soit pas à nouveau enceinte [3].
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| 30. Quand une femme peut-elle commencer à utiliser une méthode de contraception après un avortement médicamenteux ? | |||||||||||
Une femme peut commencer à utiliser une méthode de contraception le jour où elle prend le misoprostol. Les méthodes adaptées sont : pilule contraceptive, injections hormonales et implants. Les méthodes mécaniques de contraception comme les préservatifs, les gels et mousses spermicides, les capes cervicales et le diaphragme peuvent être utilisés quand la femme reprend les relations sexuelles. Si une femme souhaite se faire poser un stérilet, elle devra attendre que l’avortement soit complet et que tous les produits de la conception aient été évacués [11]. En ce qui concerne la stérilisation après l’avortement médicamenteux, il n’y a pas de restrictions ou de contre-indications, et l’intervention peut être pratiquée à n’importe quel moment après l’avortement, c’est-à-dire après expulsion des produits de la conception. En pratique, néanmoins, les femmes qui prévoient de se faire stériliser peuvent préférer l’avortement chirurgical, puisque les deux interventions peuvent être pratiquées avec la même anesthésie.
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| 31. L’avortement médicamenteux a-t-il des conséquences à long terme sur la santé de la femme ? | |||||||||||
L’avortement médicamenteux n’a pas d’effets négatifs connus sur la santé de la femme. Il peut contribuer positivement à son bien-être en faisant disparaître les tensions d’une grossesse non désirée [11].
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| 32. L’avortement médicamenteux peut-il compromettre la capacité future de la femme à avoir des enfants ? | |||||||||||
L’avortement médicamenteux n’influence pas la capacité future de la femme à concevoir et à donner naissance à un enfant [11]. Une étude en Chine qui a examiné les grossesses ultérieures souhaitées par des femmes ayant subi un avortement médicamenteux n’a relevé aucun effet négatif sur leur issue [30]. Une vaste étude plus récente publiée dans le New England Journal of Medicine n’a pas observé de conséquences sur la fécondité ultérieure ni sur le résultat de futures grossesses [38].
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| 33. Le fait de se soumettre à plus d’un avortement médicamenteux peut-il avoir des conséquences négatives ? | |||||||||||
Aucune étude à long terme n’a examiné cette question.
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| 34. Combien coûte un avortement médicamenteux ? | |||||||||||
Le coût d’un avortement médicamenteux varie beaucoup d’un pays à l’autre, en fonction des facteurs suivants :
Il peut y avoir des frais supplémentaires si une aspiration chirurgicale est nécessaire pour compléter l’avortement et si des visites supplémentaires sont requises pour traiter les complications. Néanmoins, le prix de la mifépristone forme actuellement le principal élément du coût de l’avortement médicamenteux partout dans le monde. Les prix au détail de la mifépristone dans différents pays en 2005 étaient les suivants [31] :
Le misoprostol au détail est à un prix abordable dans presque tous les pays, même si lorsque la femme utilise le misoprostol seul, elle aura besoin de davantage de comprimés. Par exemple, un comprimé de 200 microgrammes de misoprostol coûte US$ 0,30 au Royaume-Uni quand il est fourni par les hôpitaux et les centres autorisés assurant l’avortement médicamenteux, et environ US$ 0,50 en Afrique du Sud [31]. Le coût réel d’un avortement médicamenteux pour les femmes dépend également de la manière dont les services d’avortement sont rémunérés, et si l’avortement médicamenteux est couvert par le financement public ou par une assurance maladie.
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| 35. Dans quels pays les femmes peuvent-elles obtenir un avortement médicamenteux en utilisant l’association mifépristone/misoprostol ? Dans quels pays le misoprostol est-il commercialisé ? | |||||||||||
Pour la liste des pays où la mifépristone est commercialisée et une carte des pays où le misoprostol est autorisé, rendez-vous sur le site Internet http://gynuity.org/resources/info/map-of-misoprostol-approval/.
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| 36. Quelles sont les options des femmes dans les pays où l’avortement est restreint par la loi ? | |||||||||||
Toute femme devrait avoir le droit d’interrompre en toute sécurité une grossesse non désirée. Beaucoup de raisons peuvent inciter une femme à interrompre une grossesse. La grossesse peut être le résultat de violences sexuelles ou d’un rapport non consenti ; une femme peut ne plus vouloir poursuivre une grossesse parce que sa situation a changé depuis qu’elle est enceinte ; des circonstances sociales et économiques peuvent l’empêcher de mener sa grossesse à terme ; il peut y avoir eu échec de la contraception ; la femme peut ne pas avoir accès à des méthodes efficaces de contraception , ou ne pas avoir eu les informations sur les méthodes de prévention des grossesses. Malheureusement, la législation de nombreux pays restreint l’accès à l’avortement. Faute de services d’avortement médicalisé, de nombreuses femmes essayent d’interrompre la grossesse en introduisant des objets pointus ou des préparations à base d’herbes dans l’utérus, ou en poussant sur le ventre ou encore en buvant des concoctions de plantes. Dans de nombreux cas, ces méthodes peuvent avoir de graves conséquences et même parfois entraîner la mort. Dans la plupart des pays où l’avortement est limité par la loi, il est peu probable que la mifépristone soit autorisée. Mais le misoprostol est largement disponible dans presque tous les pays puisqu’il est commercialisé pour le traitement des ulcères gastriques. L’emploi du misoprostol acheté sans ordonnance dans des pharmacies est très fréquent en Amérique latine et aux Caraïbes et dans un nombre croissant de pays asiatiques. L’expérience de pays comme le Brésil et le Chili a montré que l’avortement médicamenteux est plus sûr que les options invasives auxquelles les femmes étaient obligées d’avoir recours pour induire un avortement. Bien qu’il y ait des effets secondaires, il est presque toujours possible de les traiter avec des médicaments simples [2]. Une visite dans un centre de santé après l’administration à domicile du misoprostol pour compléter l’avortement facilitera la gestion ponctuelle de toute complication potentielle. Le misoprostol donne aux femmes vivant dans des pays qui restreignent l’avortement une option précieuse remplaçant les méthodes d’avortement qui sont toujours dangereuses.
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